Symphony X : Lost Paradise
Il paraît qu’il existe un proverbe français qui affirme que quand on aime on ne compte pas. Dur dur cependant de penser que cela fait environ cinq ans que Symphony X ne s’est pas manifesté en terme de nouveauté… Hé oui le très bon The Odyssée a cherché son successeur pendant ces longues années et c’est chose accomplie avec un Paradise Lost aussi bien ficelé que bien exécuté.
Après une écoute sommaire (travail simultané oblige) et un rapide coup d’œil à la jaquette, on comprend que le travail accompli par le combo américain est conséquent et que le mélomane tient en main un album de qualité. Ce n’est cependant qu’au bout de plusieurs écoutes que la musique, à forte dominante progressive peut être appréciée à sa juste valeur. Les grandes lignes : 10 titres, un peu plus d’une heure, tous les morceaux (intro exceptée) compris entre cinq et neuf minutes.
L’introduction démarre déjà en fanfare avec une grosse présence de l’orchestre symphonique, et un faux air de musique de film pour déboucher sur un Set the World on Fire énergique (tout comme le chant) possédant un refrain entraînant et (déjà) des soli qui mettront plus d’un amateur de guitar heroe au septième ciel. Suit ensuite Domination avec une jolie intro à la basse (preuve que tous les instruments y mettent du leur dans cet album), intro qui sera ensuite reprise comme un leitmotiv tout au long du morceau. Avec un Serpent’s Kiss et son tempo plus posé on tombe dans un registre moins éclatant, plus sombre où le chant de Russel Allen se fait plus mystérieux avant de se dédoubler sur le refrain, et toujours avec ces interludes sympathiques. Nous avons droit également à deux moment beaucoup calmes (les seuls morceaux mis à part Oculus ex Inferni et Revelation (Divus Pennae ex Tragoedia) où l’on ressent clairement le symphonique) et c’est justement le moment où le chant se fait plus clair avec le titre portant le nom de l’album : Paradise Lost, un peu rapide pour qu’on puisse parler de balade mais vraiment riche en émotions avec son début en duo chant/piano et son refrain où l’on entend (ô miracle !) des violons un peu oublié au début de l’album et qui, de par son rythme ternaire et assez lent donne l’impression de virevolter sans fin : une plaque tournante de cet opus.
Avec Eve of Seduction, nous repartons de plus belle dans du rapide (mention bien décerné au batteur, régulier tout au long de l’album) mais avec un chant démarrant tout doux pour monter progressivement par paliers vers le climax de cette chanson que représente le refrain. Changement radical d’ambiance avec The Walls of Babylon et ses mélodies beaucoup plus sombres et sa longue introduction avec les chœurs féminins et masculins (ensembles puis séparés) mis en valeurs dont les accords principaux seront ensuite repris avec au dessus le clavier, puis la guitare formant une ambiance légèrement étrange renforcée par un chant agressif et un refrain repris par tous les chanteurs formant des accords un tantinet dissonant continuant à renforcer le côté sombre du titre. On continue avec Seven, un titre un peu plus épique où une belle petite intro de guitare nous accueille (nous rappelant un tantinet pendant trente secondes un certain Luca Turilli). Dans la même veine agressive que le morceau précédent, le refrain est quant à lui dans la continuité de l’introduction, c’est à dire très épique (avec de l’orgue derrière) tout comme les sempiternels soli. Une petite pause dans les rythmes endiablés, le guitar-heroe déchaînés et le clavier-heroe survolté avant le bouquet final, la balade Sacrifice au refrain exprimant une lamentation très expressive. Un bouquet final portant le nom de Revelation… je ne vous gâcherai pas la surprise en vous racontant de quoi ce titre est fait… sachez seulement que c’est un des le meilleurs avec ses neuf minutes de bonheur intégral, l’orchestre symphonique qui vient remettre son grain de sel dans la partie, des soli encore des soli toujours des soli… Et quand le tout est fini, la première réaction du mélomane est « déjà ? ». Eh oui, cet album s’enchaîne si vite que l’on ne voit pas le temps passer : il l’a bien mérité son 8,5/10 !
Chant/Choeur : 4,5/5 Un très bon Russel polyvalent tout aussi efficace dans l’agressif que dans le romantique accompagné dans les chœurs aux moments clés (souvent les plus sombres)
Partie Métal : 5/5 Comme d’habitude le combo américain nous offre de quoi couper le souffle de pas mal de guitaristes avisés, de même pour ce qui est de la partie de clavier.
Symphonique : 2,5/5 Une note assez faible, puisque le côté largement progressif de l’album est mis en valeur au détriment du symphonique. A noter quand même quelque beaux passages au niveau de l’intro, de la conclusions et des balades
Ensemble : 8,5/10 Ambiance diverses, très bien harmonisé.